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Blois : Plus qu’hier, le Conseil départemental mise sur la santé et la culture

Les élus avancent dans leurs travaux et ont choisi ce printemps de mettre l’accent particulier sur deux sujets d’importance pour les habitants du Loir-et-Cher. La session du 6 mars a permis de détailler le duo de schémas mis sur les rails.
Ce n’est pas un secret : la France dans son ensemble n’échappe pas au phénomène de désertification médicale, souvent plus prégnant dans la ruralité; pour exemple parlant, pour 100 000 habitants, le Loir-et-Cher compte 108 médecins dont 64,4% ont plus de 60 ans, soit un manque estimé selon le président de ce Département, Philippe Gouet, à 70 professionnels de santé généralistes et spécialistes (le nombre de psychiatres est insuffisant également). Ce n’est pas une nouvelle non plus, pour celles et ceux qui suivent cette actualité : le Conseil départemental a voté en mars 2022 puis mis en place depuis juillet 2022 un plan de 9 actions, baptisé « Le 41 en bonne santé ». Ainsi, l’an dernier, 130 étudiants ont été rencontrés, 42 accompagnements ont été réalisés ainsi que 9 installations. Pour cette année, parmi les perspectives, ont été annoncés des logements pour des étudiants en stages, ainsi que 8 projets de maisons de santé (Azé, Vineuil, Les Montils, Chailles, Dhuizon, Onzain, Lamotte-Beuvron, Neung-sur-Beuvron), tandis que deux mini-bus de télémédecine, qui se déplaceraient dans les établissements et EHPAD, sont à l’étude. L’une des délibérations du 6 mars a d’ailleurs exposé l’aide de 16 372 €, accordée par le Conseil départemental (d’un montant de 50% des dépenses hors taxe, plafonnée à 20 000 € en fonction des équipements éligibles, ndrl), à la primo-installation d’un médecin généraliste à Châtillon-sur-Cher, Quentin Boisselier, qui a sollicité cette subvention. Le président Gouet a informé du fait qu’il sera prochainement entendu en sus en tant qu’élu par le ministère de la santé qui semble beaucoup s’intéresser à ce plan 41.

Ambition culturelle par ailleurs
Pour conserver une bonne santé, il faut sans doute aussi se cultiver, et cela tombe à point nommé puisque le Conseil départemental vient d’adopter un schéma départemental des enseignements et des pratiques artistiques pour la période 2023-2028, présenté par la vice-présidente Tania André, dont les grands objectifs affichés sont “apprendre /pratiquer, partager / restituer, accompagner / fédérer”. L’idée est de permettre à chacun d’oser pousser les portes d’une école et d’accéder à une pratique artistique de qualité, notamment de découvrir la musique, la danse et le théâtre, tout en donnant les moyens aux dites écoles de se professionnaliser, de diversifier leur offre et de mener des projets qualitatifs de proximité. Enfin, l’originalité est d’associer habitants, usagers, établissements, enseignants et collectivités locales. Là encore, ce n’est pas subreptice : la culture, encore plus en période de crise, est souvent un parent pauvre sacrifié sur l’autel des politiques publiques dont les bourses sont à maîtriser. Exception pourtant en Loir-et-Cher puisque c’est ici un choix affirmé qui est opéré pour conserver le budget culturel alloué. « Ce qui n’est pas le cas de tous les départements “, comme l’aura ainsi confirmé le président Gouet. Le conseiller départemental de Blois, Benjamin Vételé (gauche-écologie), aura à son tour confirmé que c’était “la première fois que les élus de cette assemblée passaient une heure de débat sur cet aspect-là.”
É. Rencien

 

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Un Guillaume Peltier en forme …
A part ça, la session plénière s’est ouverte en fanfare, dans l’enceinte Kléber-Loustau, avant l’ordre du jour, sur une requête qui paraissait de prime abord banale dans une enceinte politisée. Lionella Gallard, maire de Cour-Cheverny et conseillère départementale dans l’opposition (Vineuil, groupe Loir-et-Cher Autrement, LCA / DVG), a fait remarquer au président Gouet un oubli dans le « pv » (procès verbal) relatif à la session de décembre 2022. Une simple modification qui aura fait fortement grogner l’ex-député Guillaume Peltier, ex-LR parti chez Zemmour et « Reconquête », conseiller départemental du canton de Chambord (non inscrit), toujours assis en fond de salle. La conseillère Gaillard aura précisé ce qui manquait : «le pouvoir de vote, donné à mme Virginie Verneret (binôme de Chambord, et resté, elle, LR mais non inscrite également, ndrl), puisque M. Peltier part à chaque fois avant la fin de nos débats. » Un grommellement plus agressif, et Philippe Gouet aura donné la parole. C’est à ce moment-là que Guillaume Peltier, d’ordinaire mutique, a lâché un enflammé « le niveau ! » en secouant la tête, enchaînant avec un « Madame, mais vous êtes qui vous ? Absolument pas. Je suis beaucoup plus présent que vous sur le territoire. Cela fait dix ans que j’oeuvre pour le Loir-et-Cher ! » Des rires féminins auront clos les invectives, sans plus de commentaire des fauteuils restés dans l’ensemble silencieux. Avant le départ quelques heures plus tard de M. Peltier, avant donc la fin. Et juste avant l’arrivée du préfet François Pesneau, invité à répondre à un jeu de questions-réponses sur des sujets aussi variés que l’accueil des migrants ou l’étude d’un forfait taxi pour visiter les châteaux …
É.R.